mardi 15 juin 2010

23. Orthophonie et … art contemporain !

 Ou l’on entre dans le vif du sujet expérimentale de l’avis même du professionnel  qui me suit, ou plutôt qui me guide, dans la mesure ou il m’a prévenu qu’on avance à tâtons, sans aucune certitude quand à la destination ! Pour l’instant, il s’agit principalement d’exagérations d’expression faciales visant à retrouver un peu de  souplesse pour tout ce qui a morflé pendant l’opération et qui est resté immobilisé dans la foulé : ça fait déjà un bon paquet de truc à remettre en branle !

Quelques sons, que je dois différencier plus nettement les uns des autres, et pour cela, travailler l’ouverture de la bouche : ça c’est bien  plus compliqué dans la mesure ou ça fait deux ans que c’est particulièrement difficile, de l’ouvrir en grand, genre bâillement à se décrocher la mâchoire…
D’ailleurs je devrais même réapprendre à bailler : ça promet d’être sympa !  Je suis preneur de littérature spécialisé, genre « Les mémoires de Céline Dion », BHL : « Dieu, Ariel et moi » ou « Métaphysique ondulatoire » de Franck Ribery,  si vous voyez ce que je veux dire, des trucs suffisamment passionnants pour être considéré comme des somnifères 100% bio quoi ! 

Chaque millimètre d’ouverture gueularde sera une petite victoire, voire une toute petite victoire pour les premiers : je pars d’un unique centimètre  de capacité d’ouverture à l’heur ou je vous typographie toutes ces étranges informations. Je m’en tiendrai là pour les détails techniques, mais je serai  très fier d’afficher mes futurs progrès au file des prochaines notes, voir même d’essayer de les brailler au téléphone pour les moins chanceux d’entre vous !

Tout cela me laisse assez peu de temps pour entretenir le reste de la tête, et ce qu’il reste de cerveau en particulier, mais j’ai particulièrement bien optimisé le week-end end dernier, au cours d’une courageuse  visite au tout nouveau centre Pompidou-Metz, qui accueil actuellement une expo intitulé « Chefs d’œuvre ? ». Après cette visite  de la 1ère moitié de l'expo,  je remplacerai déjà le point d’interrogation par un point d’exclamation : y pas tromperie sur la marchandise, on en prend vraiment plein la vue, et il y en a pour tout le monde, quelque soit l’idée qu’on de fait de l’art en général, et de l’art contemporain en particulier . . . Accompagné d’un expert parisien temporairement monté sur béquille, on a pu apprécier les pièces les plus impressionnantes des collections de Beaubourg, et quelques emprunts bien senti, qui remplissent à  la limite du bourrage, un bâtiment extraordinaire, tout à fait à la hauteur des œuvres présentés !

Il y a désormais une étape qu’il serait dommage de rater sur le trajet Paris – Entrange, et une excellente raison supplémentaire de venir en Lorraine pour tout ceux qui hésitaient encore à passer me voir dans mon bled perdu . . .


mardi 1 juin 2010

22. Trouver son rythme sans entendre sa voie !

Tout le paradoxe se trouve là : Je ne m’entends plus, et j’ai du mal à m’entendre avec moi moi-même ! Je n’entends plus ma propre voie tant que mon « second sourire » n’a pas suffisamment cicatrisé pour pouvoir m’exercer à toute sorte de  gesticulations  orthophoniques et autres grimaces facio-orthopédiques. Et j’ai bien du mal à ajuster le volume de  mes activités journalières silencieuses  à mes très amoindries capacités physiques et mentales :

  - Si on prend en compte les siestes obligatoires à ma condition convalescente, on peut considérer que j’ai un agenda de ministre à partir d’une seule visite de courtoisie au domicile parentale.

 - Mais si on se réfère à mon taux moyen d’activités sociaux culturelles sur les 20 dernières années,  alors je suis en hibernation totale depuis un bon petit moment !

D’où la difficulté de trouver un rythme adapté face à ces deux point de repères totalement opposés, et pour que ce soit encore un peu plus compliqué, l’impossibilité de s’écouter puisque momentanément muet !

 « - Trouve ton rythme en silence, petit scarabée ! » dirait le vieux sage au jeune singe que je suis,  mais j’ai toujours eut recours aux bruits, aux sons, aux mots  et  même parfois aux cris pour trouver ma voie et tracer mon chemin de vie !

Je n’ai pas vraiment le choix, si je veux retrouver un peu de ma voie d’avant et les mots bruyants que j’aime tant, je dois accorder la priorité à ma petite santé et aux horaires bien réguliers des têtes à têtes avec Moumoune, qui apprend vite  bien que très dissipé.
Pomper aussi d’impressionnantes  quantités des remèdes les plus alambiquées, dont la morphine apprivoisé qui m’épargne de méchantes douleurs dont on peut très bien se passer. J’en prends encor une dose très surveillé, juste ce qu’il faut pour changer un taureau de corrida en vache Milka !
Et pourtant ça ne suffit  pas à calmer mes envies de vie, et d’activité, de création, de voyage, de partage et  de rencontres.
Aucun médicament ne calme l’impatience, et pas de chance pour moi, c’est de ça que je souffre ici ! Seuls  les joyeux  contenues du tuyau invisibles qui nous relie m’aide à relativiser  la durée de mon exil médical, de ce bout de vie au ralentit qui me reconstruit petit à petit, sans faire de bruit … pour l’instant !