- " Alors comme tout s'est bien passé, la suite ce sera 6 semaines de rayons avec chimio ! "
- " Euh non docteur, vous avez du vous tromper de page dans mon dossier, ça c'était en 2008 !"
- " Non non, on remet ça ! "
- " Ah ! Ben super la surprise du chef . . . "
Si j'avais su j'aurai pas v'nu bordel ! Rien de tel pour vous plomber un été que ce joyeux programme, aussi préventif soit-il !
Bon, d'après les blouses blanches, ce sera un peu plus zen que le 1er passage, avec une grosse semaine de repos après chaque petite semaine de traitement ! Les rayons seront ciblées sur un point plus précis de ma mâchoire, et avec ça, un nouveau produit de chimio qui ne génère quasiment pas de nausées, diffusé par une petite pompe portative genre walkman des années 80's pour me l'emmener chez moi dans ma maison, au lieu de rester coincé tout un week end à l'hosto, sauf pour le premier contact, pour être sur que le courant passe bien . . .
C'est Moumoune qui va être jalouse, si elle survit jusque là, parce qu'elle a réussit à venir tout au bout de ma patience, et que j'en suis venu aux mains pour lui expliquer qu’on joue pas avec la nourriture, et surtout pas avec la mienne en ce moment ! Y a peu de chance qu'elle passe l'été au rythme ou volent les baffes, parce que vue ce qui m'attend dans les mois à venir, je peux pas me permettre de rater un repas ou de ne pas finir mon "assiette" pour des raisons bêtement techniques !
En tous cas je vais avoir l'air malin aux heures de déjeuner avec mes 2 machines infernales qui me pompent des trucs tout simplement innommables environ 4 heures par jours !
Et la p'tite nouvelle, je vais carrément devoir me la trainer jusqu'au plumard, toute la nuit !
Elle a pas intérêt à ronfler parce que sur le sommeil, j'ai aussi peu d'humour et de patience que sur la bouffe : on n’embête pas un ours quand il essaye d'hiberner, c'est très risqué, même pour une machine ! De toute façon, elle va vite comprendre comment je m'occupe de l'électronique de précision qui déconne en voyant le tronche de Moumoune, ou ce qu’il en reste . . .
Tout cela manque un peu de poésie, et de nouveauté, je vous l'accorde, mais j'avais prévenu au poste précédent : mes embrouilles tournent un peu en boucle en ce moment ! Le morale est pourtant moins mauvais qu'il n'y parait, mais la limitation de mon expression orale et l'énorme prolongation qu'induisent les joyeusetés ci dessus commencent à me taper un tout petit peu sur les nerfs . . .
Ne vous inquiétez pas, la médecine moderne trouveras aussi une solution pour ça, ne serait-ce qu’une très sympathique psy pour commencer, et d’autres dérivées de morphine si ça ne suffit pas : on n’est plus à ça près !